Pour cette année 2024-2025 PROJEKT poursuit son séminaire mensuel transversal DEIS « Design Et Innovation Sociale ».
Le séminaire a lieu les vendredis, sur le site Hoche de l’Université de Nîmes.
L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
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Programmation 2024-2025
Séminaire mensuel transversal DEIS « Design Et Innovation Sociale »
27 septembre 2024 : Invitées Antonella Tufano et Muriel Molinier
Antonella Tufano
Design des milieux : le stade relationnel du projet
Invitée par Michela Deni
La conférence aura lieu le vendredi 27 septembre 2024, de 10h à 10h45, dans la salle H114 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel par ce lien :
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Résumé
Depuis les années 1970, le design ne cesse de se transformer et d’assumer un rôle de plus en plus « politique ». De l’activité de projet chargée de faciliter ou améliorer notre mode de vie, le design est devenu un terme polymorphe qui adhère aux milieux et se décline tant d’une manière pragmatique (les projets transcalaires) que comme une multitude de stratégies dont le dénominateur commun est une forme d’engagement qui se passe bien des contraintes formelles. Pour aborder ce terme, il faudra, tout à tour, redéfinir le projet, le contexte, l’acteur : ainsi, le design des milieux pose une autre triade : objet-milieu, situation, agentivité. Nous allons explorer ensemble ce que ces glissements impliquent et comment cette activité de projet n’hésite pas à se confronter à la question de « l’habitabilité » comme terme ultime.
Bio
Antonella Tufano est professeure de design à l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne et co-responsable scientifique de la Chaire EFF&T-Expérimenter, Faire, Fabriquer, Transmettre (Ministère de la Culture). Docteur de l’EHESS, avec une thèse questionnant la construction des paysages, elle a enseigné dans les écoles d’architecture (ENSA Paris la Villette ; chercheure de l’équipe : gerphau 2005-2017 ; UMR MAP-MAACC, 2017-2021) ; après avoir été Professeure de Design dans les écoles d’art et design du Ministère de la Culture (Beaux Arts de Valenciennes ; ENSAD de Nancy ; ESAD Le Havre…), elle a rejoint en 2021 l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et l’équipe de recherche ACTE. Ses travaux de recherche sont à la jonction de deux interrogations : la première porte sur la transformation de la question paysagère en celle du milieu, en suivant l’émergence de la question écologique ; la seconde, sur la transformation des processus de projet interscalaires au prisme de l’expérimentation. Depuis 2022, elle propose, avec Fiona Meadows, un cycle intitulé La ville au prisme des genres à la Cité de l’architecture, à Paris, où elle sera aussi, en 2025, co-commissaire de la manifestation de microarchitecture MINIMAOUSSE 10.
Publications :
A. Tufano, Vers un design des milieux. Métamorphoses contemporaines des projets et leurs territoires. Hermann, Paris, 2024.
A. Tufano, Dossier de présentation de Minimaousse 10, 14/03/2024 : https://www.citedelarchitecture.fr/fr/minimaousse/article/supercabane
(avec M. Deni et P.M. Riccio) A. Tufano , Le Design dans la Cité. Nouvelles manières d’appréhender la conception. Presses des Mines/Transvalor, Paris, 2022.A. Tufano, « Le Countryside de Rem Koolhaas, à la conquête d’un ignored realm», Revue Design Arts Medias, 06/2021, URL: https://journal.dampress.org/reviews/le-countryside-de-rem-koolhaas-a-la-conquete-d%27un-ignored-realmA. Tufano, « Le Countryside de Rem Koolhaas, à la conquête d’un ignored realm (suite et fin) », Revue Design Arts Medias, 07/2021, URL: https://journal.dampress.org/reviews/le-countryside-de-rem-koolhaas-a-la-conquete-dun-ignored-realm-suite-et-fin
Muriel Molinier
Universal design au musée : penser l’inclusion et la médiation pour un public universel
Invitée par Brigitte Auziol
La conférence aura lieu le vendredi 27 septembre 2024, de 11h à 11h45, dans la salle H114 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel par ce lien :
Résumé
Ancrés dans une approche infocommunicationnelle de la conception universelle, ou Universal Design, nous présenterons nos travaux autour de l’inclusion et de la médiation au musée, issus d’une part de notre thèse (intitulée « La voie de l’inclusion par la médiation au musée des beaux-arts : des publics fragilisés au public universel », soutenue en 2019), et d’autre part de nos pistes de réflexion actuelles autour de la transposition de la conception universelle sur les cartels de musée. Dans notre recherche, nous appréhendons le musée comme lieu privilégié d’inclusion pour les publics fragilisés par des problématiques médicales et/ou sociales. Partant du terrain (entretiens compréhensifs, corpus de dispositifs de médiation), nous analyserons les médiations humaine et technique, tout en proposant des pistes de réflexion concrètes pour questionner : d’une part, l’émergence d’un nouvel acteur muséo-social (le « remédiateur ») hybridant les pratiques de co-construction musée-santé ; d’autre part, les conséquences de cette quête d’inclusion, nous amenant à considérer au quotidien les besoins de tous les publics, devenant alors « public universel ».
Bio
Depuis septembre 2024, Muriel Molinier est Maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Versailles St-Quentin / Paris-Saclay, et co-responsable du master Événementiel, médiation des arts et des sciences (EMAS). Elle est également membre du laboratoire CHCSC (Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines), et chercheuse associée au GRHAPES (Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaires). Elle a récemment co-dirigé un numéro de la revue canadienne Muséologies consacrée à « La participation inclusive, au musée et au‑delà ». Éducatrice spécialisée de formation, elle reste connectée au travail social notamment en participant à des comités éditoriaux : pour la revue le Sociographe, ainsi que pour les « Dossiers Éducatifs pour Lutter contre les Inégalités et l’Exclusion (DÉLIÉ) » dans Yakamedia la médiathèque éduc’active des CEMÉA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active).
18 octobre 2024 : Invitée Clémence Seurat
Pratiques de l’enquête : du terrain à la publication
Invitée par Lucile Haute
La conférence aura lieu le vendredi 18 octobre 2024, de 14h à 16h, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes
Résumé
La pratique de l’enquête traverse aujourd’hui la société, de la recherche aux arts, du journalisme à l’activisme, de la pédagogie à la création. Elle est un outil politique et une méthode formelle pour appréhender un monde de plus en plus complexe et incertain. À l’école et à l’université, l’enquête est porteuse d’expérimentations qui développent l’esprit critique, inspirent la joie d’apprendre ensemble et valorisent les savoirs en train de se faire. Menée par des citoyen·nes, des artistes ou des activistes, elle devient un levier d’empowerment pour s’emparer de problèmes qui les concernent. De son terrain à sa mise forme, l’enquête fait circuler d’autres récits du monde d’aujourd’hui.
La présentation sera suivie d’un atelier à partir de la collection manuels des éditions 369.
Bio
Clémence Seurat est éditrice, programmatrice artistique et chercheuse associée du médialab de Sciences Po. Elle explore les champs de l’écologie politique et de la techno-critique. En 2017, elle fonde 369 éditions avec Jérôme Delormas et Fanette Mellier. Diplômée du programme d’expérimentation en art et politique Speap, elle est membre du collectif artistique COYOTE. Elle a co-dirigé Controverses mode d’emploi (Presses de Sciences Po, 2021) et vient de publier Le champ des possibles. Une enquête collective à Sevran (369 éditions, 2023) avec Robin de Mourat et Thomas Tari. Elle enseigne à Sciences Po, intervient en écoles d’art et donne régulièrement des conférences.
http://clemenceseurat.com/ — https://www.369editions.com/
22 novembre 2024 : Invité Afonso de Matos
Who Can Afford to Be Critical? An emotional re-reading of the design zeitgeist, 2 years after
Invitée par Azza Rajhi et Manon Ménard
La conférence aura lieu le vendredi 22 novembre 2024, de 14h à 16h, dans la salle H121 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel par ce lien :
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Résumé
I published ‘Who Can Afford To Be Critical?’ in 2020, upon the completion of a 2-year MA programme in Design Academy Eindhoven, in The Netherlands. Two years have passed, and I would like to expand, revise and comment on some of the key aspects of the book, which may appear invisible but constitute its foundations. I would like to focus on feelings of pessimism, disillusion, guilt, hypocrisy, powerlessness—essentially, the « emotional landscape » (to quote Bjork) that produced the book. I’m interested in how they relate to design discourse, in how they construct its mirror image and in acknowledging the idea that there are sentiments organizing the ways we pursue and engage in design research and practice. I’m also interested in a political reading of such sentiments, making possible connections between them and issues of class, sexuality and gender. A situated, standpoint theory-informed stance will be taken in this lecture, where I will aim to speak through my personal, individual vulnerabilities, which might (or might not!) help us construct a broader collective picture of what is happening in design discourse, in art and in culture.
FR:
J’ai publié « Who Can Afford To Be Critical ? » en 2020, à l’issue d’un programme de maîtrise de deux ans à la Design Academy Eindhoven, aux Pays-Bas. Deux années se sont écoulées et j’aimerais développer, réviser et commenter certains des aspects clés du livre, qui peuvent sembler invisibles mais qui en constituent les fondements. J’aimerais me concentrer sur les sentiments de pessimisme, de désillusion, de culpabilité, d’hypocrisie, d’impuissance – essentiellement, le « paysage émotionnel » (pour citer Bjork) qui a produit le livre. Je m’intéresse à la façon dont ils se rapportent au discours sur le design, à la façon dont ils construisent son image miroir et à la reconnaissance de l’idée qu’il existe des sentiments qui organisent la façon dont nous poursuivons et nous engageons dans la recherche et la pratique en matière de design. Je m’intéresse également à une lecture politique de ces sentiments, en établissant des liens possibles entre eux et les questions de classe, de sexualité et de genre. Dans cette conférence, j’adopterai une position située, fondée sur la théorie du point de vue, et je m’efforcerai de parler de mes vulnérabilités personnelles et individuelles, qui pourraient (ou non !) nous aider à construire une image collective plus large de ce qui se passe dans le discours sur le design, dans l’art et dans la culture…..
Bio
Afonso de Matos (Portalegre, 1998) works in graphic design and holds a BA in Communication Design from the Faculty of Fine Arts of Lisbon, where he also completed a postgraduate course in Sound Art. He also holds an MA in Information Design from the Design Academy Eindhoven, where he investigated the limits of a critical design practice. He has published the results of this research in a book entitled Who Can Afford To Be Critical? by Dutch publisher Set Margins’ in 2022. He has worked independently for sound artists such as 7777の天使, HRNS, JC Leisure, for fashion designer Martim Alvarez, for the labels Warm Winters (Bratislava) and Troublemaker Records (Lisbon). He also works as Multa, a design collective founded with Inês Pinheiro and Vítor Serra, Together they have worked for clients such as artists Salomé Lamas and Andreia Santana, curator Marta Espiridião, the 00:NEKYIA collective, the ID_nolimits festival, UMBIGO magazine, the National Conservatory Dance School, Pedra Dura — Algarve Dance Festival and Colectivo Casa Amarela. He is also part of the sound experimentation collective Teia. In November 2022 he joined the Rua das Gaivotas 6 / Teatro Praga team as communications coordinator. In September 2023, he started to teach at the Faculty of Fine Arts of Lisbon, tutoring 3rd years in project and editorial design classes.
FR:
Afonso de Matos (Portalegre, 1998) travaille dans le design graphique et est titulaire d’une licence en design de communication de la Faculté des beaux-arts de Lisbonne, où il a également suivi un cours de troisième cycle en art sonore. Il est également titulaire d’une maîtrise en design de l’information de la Design Academy Eindhoven, où il a étudié les limites d’une pratique critique du design. Il a publié les résultats de cette recherche dans un livre intitulé Who Can Afford To Be Critical ? chez l’éditeur néerlandais Set Margins’ en 2022. Il a travaillé de manière indépendante pour des artistes sonores tels que 7777の天使, HRNS, JC Leisure, pour le designer de mode Martim Alvarez, pour les labels Warm Winters (Bratislava) et Troublemaker Records (Lisbonne). Il travaille également pour Multa, un collectif de design fondé avec Inês Pinheiro et Vítor Serra. Ensemble, ils ont travaillé pour des clients tels que les artistes Salomé Lamas et Andreia Santana, la commissaire d’exposition Marta Espiridião, le collectif 00:NEKYIA, le festival ID_nolimits, le magazine UMBIGO, l’École nationale de danse, Pedra Dura – Festival de danse de l’Algarve et le Colectivo Casa Amarela. Il fait également partie du collectif d’expérimentation sonore Teia. En novembre 2022, il rejoint l’équipe de la Rua das Gaivotas 6 / Teatro Praga en tant que coordinateur des communications. En septembre 2023, il commence à enseigner à la Faculté des Beaux-Arts de Lisbonne, en tant que tuteur des 3e années dans les classes de design de projet et de design éditorial.
6 décembre 2024 : Invitées Stacie Petruzzellis et Delphine Grancher
La conférence aura lieu le vendredi 6 décembre 2024, de 14h30 à 16h30, dans la salle H121 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel par ce lien :
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Stacie Petruzzellis
Le jeu vidéo, de la fracture à la rencontre
Invitée par Michela Deni
Résumé
Si dans la sphère familiale les jeux vidéo sont souvent perçus comme des objets de fracture entre enfants et parents, nous souhaitons montrer de quelle manière ceux-ci peuvent devenir des espaces de rencontre offrant des modalités d’être ensemble. En nous appuyant sur des entretiens et des observations, nous avons en effet pu identifier des pratiques vidéoludiques plurielles (telles que les pratiques spectatorielles, langagières, transmissives, structurantes, dialogiques et contractuelles) dans lesquelles le jeu peut apparaître comme un médiateur. Ainsi, nous souhaitons, à partir de nos observations, proposer une montée en généralité afin d’explorer les contours de plusieurs formes de médiation qui émergent de ces interactions.
Bio
Stacie Petruzzellis est maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine et est également rattachée au CREM (UR3476). Ses recherches portent sur les formes, pratiques et dispositifs ludiques et interrogent notamment la manière dont le jeu – en tant que structure fictionnelle et narrative – peut devenir un objet médiateur.
Delphine Grancher
De l’ouragan à Ouragame : le design au coeur de la reconstruction, d’Irma au jeu sérieux
Invitée par Béatrice Gisclard
Résumé
Ouragame est un jeu sérieux développé dans le cadre d’un projet de recherche sur la reconstruction post-cyclonique aux Antilles. Le jeu propose aux joueurs (collégiens) de reconstruire un territoire fictif dévasté par un cyclone dévastateur. Nous présenterons les choix esthétiques pour répondre aux objectifs d’universalité d’usage du jeu, comment nous avons intégré le rétex scientifique dans la narration graphique et enfin le rôle du débriefing qui s’appuient sur les mécaniques et les éléments de jeux comme guide.
Bio
Delphine Grancher est ingénieur de recherche dans le Laboratoire de Géographie Physique de Thiais (CNRS, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, UPEC). Elle est spécialisée dans les méthodes d’enquête auprès des populations exposées aux risques naturels et industriels. Elle est co-auteur du jeu sérieux Ouragame avec Paul Durand et Brice Anselme http://lgp.cnrs.fr/ouragame
17 janvier 2025 : Invité Alessandro Zinna
Les singularités épistémologiques de la recherche-projet :
Une méthode narrative pour l’analyse des thèses en design
La conférence aura lieu le vendredi 17 janvier 2025, de 14h30 à 16h30, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel.
Résumé
L’intervention aborde la question épineuse de l’homogénéité de la recherche en design. Ainsi, en comparant l’épistémologie du design à celle des autres sciences, nous reconstruisons quelque ligne-guide caractérisant la recherche-projet. En particulier, sur la base de ces spécificités reconnues à l’épistémologie du design, nous introduirons une méthodologie de comparaison des thèses de recherche en articulant la relation entre les acteurs et les actants, à savoir, entre les disciplines convoquées et les fonctions narratives qu’elles assurent dans le processus de design. Cela nous permettra de repérer les fonctions les plus récurrentes dans le processus de reconstruction narrative par une méthodologie du séquençage après-coup lors de l’analyse des thèses.
La manière de saisir les séquences narratives les plus récurrentes dans la processus de conception et d’évaluation de l’action du design nous portera à introduire la distinction entre deux points de vues épistémologiques : celui du design en cours d’oeuvre et celui après-coup proposé par la reconstruction narrative de l’écriture de la thèse.
Bio
Alessandro Zinna est professeur des universités, et directeur de recherche responsable du groupe Médiations Sémiotiques de l’Université de Toulouse II – Jean Jaurès. Il est membre permanent de l’Équipe Projekt. Il est président du CAMS/O, gérant les colloques d’Albi, et directeur de la collection Actes. Son champ de recherche va de la sémiotique générale à la sémiotique des images, du design et des nouvelles technologies. Parmi ses publications : Le interfacce degli oggetti di scrittura, Rome, 2004 ; Les Objets au quotidien (codirection avec J. Fontanille), Limoges, 2005 ; « The Object of Writing » (Hommage to Roy Harris), Language Sciences, n° 33, Londres, 2011 ; Formes de vie et modes d’existence « durables » (avec I. Darrault-Harris), Toulouse, 2017 ; le numéro 213 de Langages, 2019 « Dialogue entre la sémiotique structurale et les sciences » (codirection avec J. Fontanille) ; Utopies et formes de vie (avec P. Basso Fossali et D. Bertrand), Toulouse, 2019 ; « Les conséquences du “quand”. Une archéologie du design : de la préhistoire à l’Anthropocène », Ocula, 2020 ; Les vivants et leur environnement, Toulouse, 2021 ; et, plus récemment, La vie. Modes d’emploi et stratégies de permanence (éds avec M. Deni, et B. Gisclard), 2022, et » Une archéologie de la ville. À partir des ‘espaces autres’ de Michel Foucault », Ocula, 2024.
7 février 2025 : Invité.e.s Azza Rajhi et Rémy Teyssèdre
Invité.es par Michela Deni, Alessandro Zinna et Béatrice Gisclard
La conférence aura lieu le vendredi 7 février 2025, de 14h30 à 16h30, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel.
Azza Rajhi
Intention et narration : ajustements épistémologiques et méthodologiques dans une recherche-projet
Résumé
Cette communication explore les ajustements méthodologiques et les tensions rencontrées dans mes travaux de recherche doctorale. Elle met en évidence les écarts entre l’intention initiale, l’expérience de terrain et la structuration narrative de la démarche. J’y présenterai le cycle expérientiel de Kolb (1984), retenu pour réorganiser ma méthodologie de recherche et la rendre intelligible aux lecteurs et lectrices. Bien qu’il assure une cohérence d’ensemble et autorise une certaine flexibilité, ce modèle comporte aussi des limites que je discuterai. Par ailleurs, j’articulerai ma réflexion autour de ma posture épistémologique, caractérisée par une alternance entre une pensée pragmatique, raisonnée et empirique, et une pensée intuitive, sensible et fugace.
Bio
Azza Rajhi est chercheuse, designer graphique et docteure en design. Elle défend des pratiques de « design situé » et met en avant la réflexivité critique comme posture et outil politique. Son travail vise à repenser les pratiques du design tout en interrogeant les approches contemporaines interventionnistes souvent associées au « Design Thinking », au « Human-Centred Design » et au « Social Design », particulièrement dans le contexte des pays du Sud.
Rémy Teyssèdre
La pratique du design au service du territoire, conception de démarches et d’outils de médiations paysagères : Une recherche en immersion dans le parc naturel régional de l’Aubrac
Résumé
Ce doctorat par le projet s’est attaché à expérimenter des démarches et des outils de « médiation paysagère ». Ainsi, la médiation paysagère cherche à impliquer les populations aux projets de territoire et aux projets de paysage. Aux côtés de l’équipe technique du parc naturel régional de l’Aubrac, terrain de ma recherche, j’ai mobilisé l’approche disciplinaire du design (design de service et design territorial) pour concevoir les outils participatifs. Ces expérimentations et mon immersion m’ont permis d’examiner comment l’ensemble des acteurs (élus, agents du PNR, partenaires, usagers) perçoivent, s’approprient et mobilisent les outils. Il s’agit aussi d’observer comment ces expériences transforment la conduite du projet et les relations des chargés de mission aux publics, aux élus… In fine, l’intention est la modélisation de ces expérimentations pour envisager l’implémentation des outils de projet et l’appropriation de ces pratiques par PNR de l’Aubrac (agents et élus).
Bio
Rémy Teyssèdre est designer de service au sein du laboratoire d’innovation publique de l’État en Pays de la Loire. Docteur en paysage, il a mené sa recherche doctorale dans le LAREP (laboratoire de recherche en projet de paysage) de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles, à l’EUR Humanités, Création et Patrimoine de CY Cergy Paris Université. Sa recherche doctorale, par le projet, porte sur les démarches de participation citoyenne qui mobilisent le paysage comme objet de discussion, de débat, de projection…
14 mars 2025 : Invité.e.s Élise Rigot et Pierre Fournier
Invité.es par Michela Deni et Alessandro Zinna
La conférence aura lieu le vendredi 14 mars 2025, de 14h30 à 16h30, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel.
Elise Rigot
Le design et les savoirs sensibles
Résumé
En prenant pour appuis les recherches-créations de la thèse Design & savoirs sensibles : une recherche-création sur les technologies 3D et l’ingénierie du vivant au sein de l’anthropocène (2022), nous soutiendrons que le design participe à l’élaboration de typologies de connaissances nouvelles et notamment sensibles dans des cadres interdisciplinaires permettant de prendre soin de la médiation de la science entrain de se faire. Nous verrons de manière pragmatique un rôle pour le design dans la structuration de connaissances sensibles entre design, ingénierie et biologie marine dans le contexte de l’anthropocène à travers le projet Corallum fabrica et la possibilité d’un blue design en regard des humanités bleues.
Bio
Elise Rigot est maîtresse de conférences en design à l’Université Toulouse Jean-Jaurès affiliée aux laboratoire LLA-Créatis et LAAS-CNRS. Ses travaux portent sur l’apport réflexif et critique du design au sein des pratiques technoscientifiques avec un focus sur l’éthique des nouvelles technologies, le design océanographique et la transformation des savoirs à l’époque de l’anthropocène. Elle a fondé le projet Corallum fabrica, une archive en ligne sur les architectures coralliennes, le podcast Bio Is The New Black portant sur les implications sociales, politiques et esthétiques des biotechnologies pour le design, et conçu l’outil du Codex comme média de publication alternatif dans le domaine de la Bio Impression 3D. Elle est membre de divers réseaux de recherche tels que Flusser France et RECOLNAT (MNHN).
Pierre Fournier
Les lignes du récit
Résumé
La pratique du design constitue une méthode singulière d’analyse épistémologique. Grâce à l’agentivité des formes, la conception d’outils éclaire certains points aveugles des méthodologies de la recherche scientifique. Le design se présente ainsi comme vecteur de transformation de la discipline considérée. Ma thèse de doctorat analyse l’histoire et la conception des caractères typographiques hiéroglyphiques comme leviers d’observation critique de l’égyptologie. Ce travail de recherche (2019-2023) s’appuie sur la conception d’un nouveau caractère pour la transcription des hiéroglyphes, développé en collaboration avec le LabEx Archimede de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 (2015-2019).
Cette intervention interroge l’articulation entre les champs disciplinaires, en cherchant à qualifier le statut des objets. Que fait la recherche au document produit dans le cadre du projet – qu’il s’agisse d’une esquisse où du formant typographique ? La dimension normative et prescriptive de la typographie façonne l’édition égyptologique et donc les conditions de circulation et de formalisation des savoirs.
Il est alors nécessaire de problématiser le statut d’un objet mouvant, saisi par une pratique de conception puis par une opération de recherche. Ce déplacement opère une transformation de la forme graphique, document, pierre angulaire de la construction d’un récit voué à linéariser un processus par ailleurs erratique. Cette reconstruction chronologique du projet détermine un récit du projet qui esquisse la posture du designer-chercheur en soulignant la part d’auctorialité matérialisée dans un processus d’éditorialisation destiné à expliciter, mais aussi promouvoir une démarche de recherche autant que ses résultats.
Bio
Pierre Fournier est designer graphique et typographique, spécialiste de la transcription typographique des écritures anciennes. Docteur en design (Université de Nîmes, 2023), il est actuellement Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche en design à l’Université de Strasbourg. Membre du laboratoire ACCRA (UR 3402-Université de Strasbourg) et membre associé du laboratoire Projekt (UPR – Université de Nîmes), ses recherches portent sur l’usage du design (typographique) comme d’un prisme pour l’observation épistémologique des disciplines scientifiques, sur les rapports institués entre langue, écriture et typographie ainsi que sur la transformation des pratiques de la conception typographique.
18 avril 2025 : Invitées Julie Blanc et Audrey Brugnoli
Invité.es par Michela Deni, Alessandro Zinna, Lucile Haute et Carine Delanoë-Vieux
La conférence aura lieu le vendredi 18 avril 2025, de 14h30 à 16h30, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel.
Julie Blanc
Conceptualiser une communauté de pratique en design graphique
Résumé
Notre travail de recherche, porté par une approche anthropocentrée de la technique, s’attache à rendre compte d’un tournant contemporain du design éditorial et graphique, ancré dans la culture du logiciel libre et de l’open-source. Depuis une dizaine d’années, des designers graphiques développent de nouvelles pratiques autour de l’utilisation des technologies du web pour la mise en forme de publications imprimées et multisupports. Nous nous appuyons sur la théorie historico-culturelle de l’activité et l’approche instrumentale pour étudier l’activité de composition et son développement ainsi que les changements du système socio-technique associé. Une perspective de recherche par la pratique enrichit cette étude, intégrant notre propre expérience au sein de la communauté de pratique étudiée. Notre présentation mettra en lumière la méthodologie employée dans cette recherche, à l’intersection de l’ergonomie et du design.
Bio
Julie Blanc exerce dans les domaines du design graphique, du code et de la recherche. En 2023, elle soutient sa thèse en ergonomie à l’Université Paris 8 (EA 349 Paragraphe, ED 224 Cognition, Langage, Interaction) et l’EnsadLab–Paris (équipe Reflective Interaction) dans le cadre d’un financement de l’EUR ArTeC. Dans sa pratique professionnelle, elle travaille avec les technologies du web pour la construction de chaînes de publications et la conception de publications web et imprimées. Elle a contribué au développement de l’outil Paged.js. Depuis octobre 2024, elle a rejoint l’équipe du projet de recherche « WYSIWYG, An Investigation in the updake of graphic design software in Switzerland and France, 1880 – today » porté par la HEAD Genève.
Audrey Brugnoli
Peaux éthiques : design d’interfaces et enveloppes cutanées depuis l’expérience sensorielle
Résumé
Comment concevoir des dispositifs médicaux qui dépassent leur simple fonction technique pour devenir des médiateurs de vie ? À partir d’une recherche doctorale menée au centre de référence MAGEC de l’Hôpital Necker – Enfants Malades auprès d’enfants atteints d’une maladie génétique rare de la peau, nous développons le concept de « peaux éthiques ». Ces interfaces thérapeutiques émergent de la rencontre entre une approche « poétique » – un cadre théorique (phénoménologie, psychanalyse, philosophie) attentif aux vécus et aux récits des patients – et une démarche « poïétique » – un cadre méthodologique (recherche-projet, protocole clinique, design sensoriel) ancré dans les pratiques de soins des soignants et des aidants. Cette double perspective permet de penser les interfaces non plus seulement comme des dispositifs techniques, mais comme des médiations participant à la construction de l’expérience corporelle et relationnelle (des patients et des soignants). À travers l’analyse de situations concrètes issues de la recherche doctorale (immersion, idéation, co-conception), nous verrons comment cette articulation entre narration et conception, entre « manière d’être » et « manière de faire », ouvre des pistes pour un design des dispositifs médicaux plus attentif à l’expérience vécue de la maladie.
Bio
Audrey Brugnoli est designer, doctorante Sciences Arts Création Recherche (SACRe) de l’université Paris Sciences et Lettres (PSL) à l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs, EnsadLab / Laboratoire SACRe EA 7410, Institut de recherche Imagine sur les maladies génétiques.
16 mai 2025 : Invitées Manon Ménard et Nawelle Zaidi
Invité.es par Michela Deni et Alessandro Zinna,
La conférence aura lieu le vendredi 16 mai 2025, de 14h30 à 16h30, dans la salle H111 du site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel.
Manon Ménard
Contours du projet et contours de la recherche : dess(e)in d’une posture épistémologique en design
Résumé
À partir de mes travaux de recherche doctorale (2019-2023), je propose de revenir sur la manière dont les différents cadres thématiques et contextuels de la thèse ont contribué à la « mise en narration » (Zinna, In Press) d’une recherche-projet en design, avant même qu’elle n’existe comme telle. En m’appuyant sur l’analyse des différents instruments méthodologiques mobilisés au cours de ma recherche — de leur provenance disciplinaire à leur contexte d’intervention et leur temporalité —, je voudrais discuter de deux enjeux qui me semblent centraux dès lors que nous interrogeons la singularité des recherches menées par la pratique : la relation existante entre « injonction à la recherche » (Huyghes, 2017) et l’injonction au projet, et les enjeux épistémologiques relatifs à la posture évolutive des designer-chercheur·euses vis-à-vis de leur(s) terrain(s). Cette proposition envisage d’éclairer la manière dont les cadres structurels qui permettent les conditions d’existence d’une thèse en design influent, dès lors qu’il s’agit de faire projet, la manière de conduire une recherche par la pratique, et dans le cas présent, participative. De fait, l’attention sera portée sur la façon de faire projet(s) en recherche en design tel que j’ai pu l’expérimenter durant la thèse, et ce que cela induit en termes de temporalités, de postures, et de résultats tant pour le champ de la conception que le domaine des connaissances.
Bio
Manon Ménard est designer graphique, docteure en design et chargée d’enseignements en design à l’université de Toulouse-Jean-Jaurès. Sa thèse (2019-2023) menée au sein du laboratoire PROJEKT de l’université de Nîmes et financée dans le cadre du projet ANR « Aspie-friendly, construire une université inclusive », concerne l’inclusion pédagogique et sociale des personnes autistes à l’université et porte un regard critique sur les pratiques participatives en design.
Nawelle Zaïdi
Des robots sociaux comme outil de recherche : analyse rétrospective de deux projets de codesign pour le soin en EHPAD
Résumé
Face à l’augmentation de la population âgée en perte d’autonomie et en demande de soins, la communauté de recherche en Interaction Humain-Robot questionne la pertinence du développement de robots sociaux pour soutenir un personnel soignant de plus en plus rare en EHPAD. Malgré leurs nombreuses promesses, ces robots se révèlent peu adoptés en raison de limites techniques, socio-économiques et éthiques, en partie dues à une conception techno-centrée et relativement détachée de la réalité du terrain. Notre recherche doctorale en design met en évidence la nécessité d’un changement culturel et méthodologique en matière d’innovation, s’éloignant logiques solutionnistes et interventionnistes pour favoriser des approches de conception inductives et ancrées, participatives et spéculatives.
En revenant sur deux projets de codesign déployés dans cette recherche, le premier visant l’identification des usages souhaitables de robots sociaux et le second la conception d’un documentaire fictionnel mettant en scène un futur probable en EHPAD, nous proposons une analyse retrospective de la méthodologie de design employée et du rôle des objets disciplinaires mobilisés pour la recherche. En repositionnant notamment les robots sociaux comme des outils de recherche pour imaginer des futurs souhaitables, plutôt que comme des solutions technologiques aux enjeux identifiés, nous déplaçons ainsi leur intervention dans le processus de design et de recherche, d’une production solutionnante vers un outil descriptif des écologies du vieillissement actuelles et futures, et prescriptif de transformations préférables.
Bio
Nawelle Zaïdi est chercheure post-doctorante à Strate, Ecole de Design. Elle y explore les stratégies de transition écologiques et humaines d’écosystèmes industriels, et les transformations de l’enseignement supérieur engendrées par l’arrivée d’Intelligences Artificielles génératives. Étant initialement ingénieure, puis designer avant de réaliser une thèse en Sciences de l’Information et de la Communication, spécialité design, à l’Université de Nîmes, son approche croise le design, les sciences sociales et les sciences de l’ingénieur. Sa recherche s’articule autour de projets participatifs et spéculatifs sur le terrain, pour explorer et éprouver des pratiques de design qui soutiennent l’innovation sociale et favorisent la robustesse d’écologies humaines sensibles face aux enjeux contemporains.