Pour cette année 2026-2027 PROJEKT poursuit son séminaire mensuel transversal DEIS « Design Et Innovation Sociale ».
Le séminaire a lieu les vendredis, de 14h30-16h30, sur le site Hoche de l’Université de Nîmes, dans la salle indiquée sur l’agenda. L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
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Programmation 2026-2027
Séminaire mensuel transversal DEIS « Design Et Innovation Sociale »
11 septembre 2026 : Invité Luc Perera
Le décolonialisme des interfaces.
Invité par Lucile Brendlé
Résumé
Les technologies numériques transforment profondément le design et les pratiques artistiques. Les FabLabs, l’impression 3D, la modélisation assistée par ordinateur et, plus récemment, l’intelligence artificielle modifient les modes de production, en favorisant la collaboration, l’expérimentation et l’accessibilité. Cependant, ces outils peuvent également entraîner une standardisation des formes, des gestes et des méthodes, notamment à travers les logiques propres aux logiciels, aux interfaces et aux bases de données.
Cette évolution soulève alors des questions essentielles sur la place du geste, de la sensibilité, de la matérialité et de la diversité culturelle dans les pratiques contemporaines du design. Comment concevoir des objets et des interfaces qui ne reproduisent pas, de manière implicite, des modèles culturels dominants ?
Cette conférence propose d’analyser l’impact de ces transformations sur les pratiques des designers et des ingénieurs, en les confrontant aux enjeux contemporains de l’écologie, de l’intelligence artificielle et de l’évolution des métiers créatifs dans un monde globalisé.
Bio
Luc Perera est enseignant, designer et chercheur en design au sein de CY Tech, CY Cergy Paris Université et il coordonne l’équipe Design. Docteur SACRe PSL, il mène des recherches à la croisée du design, des arts, des technologies et des sciences humaines. Ses travaux portent notamment sur le design sonore, le design médical et social, le design interculturel et les interactions humain-machine. Ses recherches actuelles interrogent l’impact des technologies numériques et de l’intelligence artificielle sur les pratiques de conception, notamment à travers les enjeux de standardisation, de matérialité, de geste et de diversité culturelle
2 octobre 2026 : Invité.es Carine Delanoë-Vieux, Julie Calmettes et Perrine Malzac
Pour une culture de l’hospitalité en santé HOSPICREA
Invité.es par Marine Royer
Résumé
Porté par Carine Delanoë-Vieux au sein du laboratoire PROJEKT, HOSPICREA est un projet de recherche pilote qui interroge la manière dont le design et l’architecture peuvent contribuer à développer une culture de l’hospitalité dans les milieux de santé. À partir d’une approche interdisciplinaire associant design, architecture, éthique médicale et savoirs expérientiels, le projet envisage l’hospitalité comme une réalité à la fois relationnelle, spatiale, sensorielle, communicationnelle et organisationnelle.
La recherche s’est appuyée sur un séminaire interdisciplinaire, un atelier participatif avec des designers et architectes ayant vécu l’expérience de la maladie, ainsi que sur des immersions menées dans trois contextes : le pôle Psychiatries du CHU de Nîmes, les urgences de l’hôpital Nord de Marseille et le Centre de formation au rétablissement de Marseille. Ces terrains ont permis d’étudier les conditions concrètes de l’accueil des patients et de leurs proches, mais aussi les tensions auxquelles les professionnels sont confrontés lorsqu’ils cherchent à accorder leurs pratiques à leurs valeurs de soin.
HOSPICREA montre que l’hospitalité ne peut reposer uniquement sur l’engagement individuel et l’empathie des soignants. Elle doit être soutenue par des espaces, des objets, des outils de médiation et des formes d’organisation adaptés. Le projet a notamment donné lieu à une fresque de l’hospitalité, au podcast Perte et re-pairs, à un kit de médiation destiné à recueillir les récits d’expérience et à un livret issu de conversations éthiques menées avec des professionnels. Il ouvre ainsi la voie à des démarches de conception associant chercheurs, soignants, designers, architectes, patients et pairs-aidants afin de repenser collectivement les formes et les conditions de l’hospitalité en santé.
20 Novembre 2026 : Invité Geoffrey DORNE
Étude des dispositifs graphiques de camouflage face aux drones sur les territoires en guerre.
Invité par Emeline ROY
La conférence aura lieu de 14h à 16h, sur le site Hoche de l’Université de Nîmes et pourra également être suivie en distanciel par ce lien : https://univ-amu-fr.zoom.us/j/81181552612?pwd=80X1zYpngH0ZUHWQP5nnBd6YzOG8h1.1
Bio
Geoffrey Dorne est designer et prépare un doctorat à l’Université Catholique de Lille sous la direction de Malik Bozzo-Ray au sein du Centre d’études sur les technologies de surveillance (CEThicS). Il mène une thèse à l’intersection des sciences de l’information et de la communication, des études sur la surveillance et du design graphique, explorant les stratégies de camouflage civils et militaires face aux drones sur les territoires en guerre.
11 décembre 2026 : Invité Bastien Perdriault
Invité par Nawelle Zaidi et Emeline Roy
29 janvier 2027 : invité Serge Agostinelli
Entre cognition humaine et IA générative : Converger sans se ressembler
Invité par Pierre-Michel Riccio
La conférence aura lieu de 14h30 à 16h30, sur le site Hoche de l’Université de Nîmes.
Résumé
« Ne serait-il pas intéressant que la machine devienne un partenaire ? » Cette question, glissée en aparté dans une thèse de 1994, était une intuition formulée trop tôt. Il aura fallu trente ans pour qu’elle trouve son objet : en 2024, l’IA générative s’impose comme le premier objet technique qui résiste intellectuellement et entre dans le processus de pensée et non plus seulement dans le processus de travail.
Notre position opère une rupture avec les approches anthropocentriques dominantes de la relation entre intelligence humaine et intelligence artificielle. Une rupture qui n’est pas seulement terminologique, mais épistémologique : le vocabulaire instrumental habituel présuppose la subordination de la machine, quand ce travail propose un cadre radicalement différent, emprunté à la biologie évolutive et à sa notion d’homoplasie. En s’ancrant dans une position matérialiste forte : la connaissance comme phénomène biologique avant d’être culturel, cette intervention interroge ce que signifie vraiment penser avec un outil, ce qui est particulièrement pertinent pour le Design et la Conception.
Bio
Serge Agostinelli est professeur d’informatique à l’Université des Antilles à la retraite. Chercheur de terrain et théoricien, ses travaux sur les artefacts cognitifs ont traversé la Psychologie Cognitive, les Sciences de l’Education, les Sciences de l’Information et de la Communication, l’Informatique, les terrains d’entreprises. Ils s’inscrivent dans une position matérialiste affirmée : la connaissance est d’abord une activité biologique, contrainte par notre appareil cognitif avant d’être façonnée par la culture. C’est à partir de cette conviction acquise progressivement que son parcours s’est construit.
26 février 2027: Invitée Fanny Parise
Ethno-design
Invitée par Béatrice Gisclard
19 mars 2027: Invitée Lucie Marinier
Invitée par Brigitte Auziol
23 avril 2027 : Invité.es Stacie Petruzzellis et Enzo D’Armenio
Jeux et santé
Invité.es par Michela Deni & Béatrice Gisclard
Bio
https://crem.univ-lorraine.fr/membres/membres-temporaires/darmenio-enzo
28 mai 2027 : Invitée Élise Macaire
Architectures du collectif : transformations professionnelles, pratiques collaboratives et dynamiques de genre
Invitée par Marine Royer
Résumé
Les recherches d’Élise Macaire portent sur le renouvellement des pratiques architecturales, l’évolution des métiers et des identités professionnelles, ainsi que sur les démarches participatives et la coproduction des projets avec les habitants. En étudiant les collectifs d’architectes et les pratiques situées aux marges des cadres conventionnels de la profession, elle montre comment se redéfinissent les compétences, les modes d’organisation et la légitimité d’action des architectes.
Cette séance mettra ses travaux en dialogue avec les recherches menées par Marine Royer au Japon sur les « architectures du collectif ». À partir d’une enquête auprès d’architectes, de laboratoires universitaires, d’associations et de communautés locales, notamment dans la péninsule de Noto après le séisme de 2024, celles-ci analysent l’émergence de dispositifs territorialisés de conception associant recherche, enseignement, médiation, participation habitante, réemploi et expérimentation constructive. Les projets étudiés témoignent d’un déplacement de l’architecture vers des pratiques relationnelles de soin, de réparation et d’hospitalité, mais aussi d’une transformation des formes d’organisation du travail architectural.
La discussion abordera également les dynamiques de genre dans les métiers de l’architecture, auxquelles Élise Macaire a consacré plusieurs recherches et publications collectives. Il s’agira d’interroger la manière dont les trajectoires professionnelles, la division du travail, les responsabilités et la reconnaissance restent traversées par des inégalités de genre, y compris au sein de pratiques qui se présentent comme collaboratives. Le croisement des terrains français et japonais permettra ainsi d’examiner les promesses, mais aussi les tensions et les asymétries, qui accompagnent l’émergence de nouvelles formes collectives de production de l’architecture.
