Vendredi 21 octobre 2022, de 11h00 à 12h30
Le codesign de technologies en santé : ouvrir les imaginaires ?

Par Nawelle Zaidi et Elisa Wrembel

En février dernier, nous étions intervenues pour présenter à Projekt une réflexion naissante sur la place des imaginaires dans la conception de technologies en santé. Dans le champ de la santé mobile ou de la robotique, nous sommes toutes deux confrontées à des représentations fortement ancrées des technologies. Lors de notre intervention précédente, nous avions questionné ces imaginaires et leur influence sur le processus de conception des technologies. Depuis, nous avons poursuivi notre réflexion et nous sommes appuyées sur les échanges avec le laboratoire pour co-rédiger un article qui sortira prochainement dans la revue Sciences du Design. Au cours de ce séminaire, nous présenterons notre réflexion actualisée, qui traite davantage des liens entre ces imaginaires et le processus de design participatif (codesign). Face aux limites identifiées, nous traiterons notamment de notre démarche commune de repositionnement de l’objet technologique dans le cadre nos recherches-projet pour développer un autre rapport aux technologies et questionner leur place dans le champ de la santé.

Vendredi 25 novembre 2022, de 10h00 à 17h00
Première journée des doctorant.es

Par l’équipe des doctorant.es

10h – 10h10

Présentation de la journée

10h10 – 10h50

Azza Rajhi – « Design et action publique: le design de dispositifs d’information pour la participation du public à l’échelle locale. Le cas de la Tunisie post-révolution »

10h50 – 11h30

Élisa Wrembel – « Mieux communiquer sur les risques par le codesign de dispositifs en prévention : application dans les champs du sommeil et de la santé mobile »

11h30 – 12h10

Julie Calmettes – « Accompagnement du syndrome post-soins intensifs»

14h00 – 14h40

Manon Ménard – « De l’inclusion à la pluralité : le design à l’épreuve de la normalité.

Vers une recherche-projet située depuis l’autisme à l’université. »

14h40 – 15h20

Nawelle Zaidi – « Vers un design d’écologies équilibrées et durables des EHPAD en société : une exploration du potentiel de la robotique et de l’intelligence artificielle pour le bien-vieillir »

15h30 – 16h10

Pierre Fournier – « Le contour des hiéroglyphes au prisme du design typographique, un observatoire critique de l’égyptologie »

16h10 – 16h50

Sophie La Rocca – « Faire à manger: Cuisinier.es, designeur.es et architecture de formation dans les disciplines épulaires »

16h50 – 17h00

Conclusion de la journée

Vendredi 9 décembre 2022, de 11h00 à 12h30
L’IA dans le recrutement. Licornes, horoscopes et tests de la personnalité.

Par Carlo d’Andrea Tassinari

Cette communication propose une première analyse d’un cas d’usage de l’intelligence artificielle au travail tiré du corpus ICENTRA. Il s’agit d’un test de la personnalité utilisé dans l’évaluation de candidats dans le cadre d’un service RH.

Nous adopterons une approche sémiotique et narrative du déploiement. Cette approche considère  “l’effet intelligence” du produit IA comme le résultat d’une organisation de sens syncrétique, mobilisant les discours du concepteur, de l’organisation et de l’utilisateur; l’interface et l’ergonomie de l’objet; le cadre organisationnel de l’usage; l’inscription de l’objet dans le cours d’action. En opérant ces distinctions, nous chercherons aussi à mettre en valeur les articulations entre ces dimensions.

Dans le présent cas d’usage, nous verrons que les discours des concepteurs et des utilisateurs se rejoignent dans une même rhétorique: celle qui oppose la “rationalité mesurable” au “falir/coup de cœur” (à valorisations phoriques inversées). Or une certaine liberté en vigueur dans le service RH permet une utilisation créative de l’outil, irréductible tant au “flair” qu’au scientisme, et qui tient plutôt à la logique “séductrice” du recrutement, rite d’initiation axé sur la quête du “valeur-profil” du candidat. Nous verrons ensuite que la valeur de l’outil change en changeant sa position syntaxique dans la pratique, et que cette interchangeabilité tient aussi à la traductibilité du rite dans l’interface numérique de l’outil. Nous montrerons, enfin, que les outputs de l’IA, pris dans la ritualité du recrutement, font l’objet d’une lecture stratégique qui devient elle-même une épreuve de candidature et ce, à l’encontre des usages prévus. Cela ne va pas sans rappeler les langages astrologiques et une relation bien particulière avec l’invisible (la vérité cachée du profil) qui, finalement, palpite aussi dans la rhétorique scientiste du concepteur.

Seule une question reste à résoudre : où se cache la licorne ?

Vendredi 20 janvier 2022, de 11h00 à 12h30
À propos du solutionnisme. Questions de problèmes.

Par Manon Ménard

Dans son ouvrage de référence sur le sujet, Pour tout résoudre cliquez ici (To Save Everything, Click Here, 2013), le chercheur américain d’origine biélo-russe Evgeny Morozov dresse une critique du solutionnisme qu’il définit comme une quête de l’efficacité et de la perfection technologique. Il le dépeint alors comme une forme d’affaiblissement intellectuel profitant aux idéologies conformistes et conservatrices. L’argumentaire qu’il tient dessine une approche « froide » de la résolution de problème par le design, le « problem-solving », pour laquelle le solutionnisme tend à lisser les responsabilités humaines dans un processus de conception, et opacifie les dimensions politiques de nos systèmes et artefacts sociotechniques (Winner).

Je m’intéresse particulièrement au solutionnisme dans le cadre de mes recherches au sein du projet Aspie-friendly, et les critiques émises à son égard par les étudiants·es autistes concernant la problématisation et la synthétisation de leurs expériences universitaires. Par conséquent, je propose pour cette séance de saisir en quoi cette approche du design comme discipline du « problem-solving » par le « problem-framing » (Schön), propre à une historicité précise — industrielle et occidentale — est problématique et frictionnelle lorsqu’il est question de « wicked-problem » (Rittel & Webber) lié à une pluralité d’ontologies humaines (notamment ici celle de corps, physique et psychique, valides et handicapés).

Je poursuivrai cette réflexion sur une proposition qui fera lien avec les travaux présentés l’année passée de Paulo Freire, notamment son approche de la praxis, pour tenter d’expliciter comment les limites d’un design dit solutionniste peuvent être lues, et potentiellement dépassées, pour (ré)engager nos responsabilités politiques dans la façon dont nous appréhendons un problème en design. Cette proposition ouvre sur l’appréhension du « problem-posing » de Freire, pour une considération plus fine des enjeux de justice sociale en design.

Vendredi 17 février 2022, de 11h00 à 12h30
K comme Kontenu

par Pierre Fournier

En 2020, la philosophe Marie-José Mondzain invitait ses lecteurs à suivre ses déambulations dans la Colonie pénitentiaire. Son ouvrage, K comme Kolonie, traversant le texte de Kafka, croise tant l’histoire des empires coloniaux que les figures de ses propres souvenirs pour traiter de notre asservissement à la Machine qui — dans la Colonie — matérialise un pouvoir judiciaire despotique et absurde.

Le titre de ce séminaire l’inscrit dans les pas de M.-J. Mondzain. À sa suite, la Machine de la Colonie devient une métaphore pour réfléchir au projet de design. Lorsqu’elle accomplit sa tâche, en gravant un jugement à même le corps du condamné, la Machine formalise un contenu (elle performe une sentence) et une expression (elle produit une inscription). Ces deux grandeurs, empruntées à L. Hjelmslev, sorties de leur acception linguistique par G. Deleuze et F. Guattari forment deux outils permettant de comprendre comment un objet, un espace, un territoire, une formation discursive opèrent une certaine répartition de ce que nous pouvons dire et de ce que nous pouvons voir.

Traversant Kafka, G. Deleuze et F. Guattari, mais aussi M. Foucault dont leur lecture procède à cette répartition du contenu et de l’expression, une hypothèse est formulée. Dans quelle mesure le projet de design — et tout particulièrement de design graphique — constitue-t-il une Machine capable d’opérer une certaine répartition du dicible et du visible, une caisse de résonance, un prisme pour comprendre l’influence du design sur nos environnements ?

Vendredi 24 mars 2022, de 11h00 à 12h30
Le workshop comme outil d’investigation systémique dans les enseignements du design pré-bac et post-bac : le cas du design Culinaire.

par Sophie La Rocca

L’enseignement du design tel qu’il est enseigné en france dans les sections STD2A et aujourd’hui en DNMADE, propose un territoire didactique très idiosyncratique.

Qu’il s’agisse de l’observation des pratiques ou de l’analyse de dossiers descriptifs de contenus d’enseignements des formations post bac; le Workshop  semble être un outil récurrent auquel les enseignants font appel .

Ce type de montage permettant une approche globale, dynamique, concrète et très professionnalisante, la pédagogie active comme territoire d’autonomisation de l’apprenant.

Étude de cas d’un montage de Workshop en design Culinaire pour les élèves de bac pro pâtisserie du lycée Anne Sophie Pic.

Analyse et éclairage sur la notion de Hand- on learning, ou de l’apprentissage du faire par l’approche théorique de John Dewey .

Vendredi 21 avril  2022, de 11h00 à 12h30
Design pour le développement

par Azza Rajhi

Nous entendons par développement, toute approche menant à la mise en place des dispositifs de réforme néolibérale supposés produire à la fois le développement et la démocratisation dans les pays dit du Sud. Le design, en tant que discours expert, a été si peu présent dans les activités de développement ou dans les critiques formulées à leur encontre. Nous repérons, tout de même, quelques initiatives dans les années 70 avec l’avènement des théories sur le développement et l’affirmation de l’idéologie du design en tant que résolution des problèmes ( design as problem-solving ). Ces tendances ont encouragé des designers à réfléchir à la manière dont le design peut contribuer à “aider” les sociétés du tiers monde. À partir d’une analyse critique d’articles scientifiques appuyée par mon expérience de designer-chercheuse au sein d’une agence de développement, nous espérons présenter un bilan et des apprentissages sur le rôle du design pour le développement.

Vendredi 26 mai  2022, de 11h00 à 12h30
Accompagnement du syndrome post-soins intensifs

par Julie Calmettes

Résumé à venir