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PROJEKT | May 24, 2017

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Programmes de recherche

Le projet scientifique du groupe PROJEKT est de contribuer à la connaissance, à la transformation et à l’amélioration de l’habitabilité du monde par la conduite de projets de recherche s’appuyant sur des projets de design. Il s’articule autour de trois axes développant chacun des programmes de recherche.
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Axe 1 : Design, innovation sociale, recherche-projet

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Séance d’atelier aux ARD 8 Nîmes 2013

L’axe 1 « Design, innovation sociale, recherche-projet » est un axe de recherche horizontal et transversal qui traite du socle épistémologique et méthodologique commun à toutes les recherches de l’unité. Il permet d’assurer l’animation transversale au sein de l’équipe et comporte deux programmes de recherche.
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Épistémologie et méthodologie de la recherche en design
Responsable scientifique : Stéphane Vial

Ce programme vise à approfondir la recherche fondamentale en épistémologie et méthodologie de la recherche en design, non seulement dans la perspective d’innovation sociale propre à l’unité, mais aussi dans une perspective plus générale. Dans un contexte national de structuration institutionnelle de la recherche en design (place du design au Conseil National des Universités, développement des thèses en design, perspectives de création d’un doctorat français en design pour rivaliser avec les grands programmes doctoraux internationaux du domaine, développement des publications académiques en design, etc.), il est plus que jamais nécessaire d’approfondir l’effort de recherche en ce domaine, afin de contribuer à l’établissement des bases scientifiques de la discipline en contexte français et afin de favoriser l’émergence d’autres équipes de recherche en design en France. L’objectif de ce programme est donc d’une part de travailler à la définition et à l’amélioration des modèles et des méthodes de la recherche en design, et d’autre part de développer des activités et des méthodes de formation à la recherche en design.
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L’usager en design : modèles, références, définitions
Responsable scientifique : Michela Deni

Ce programme de recherche vise à répondre à plusieurs questions sur le concept d’usager en design. Les chercheurs et les professionnels s’interrogent à la fois sur les identités multiples de l’usager en design et sur les modalités proposées dans plusieurs domaines pour intégrer cet usager complexe et stratifié dans le processus de conception. L’usager est défini, selon les cas, comme individu, citoyen, bénéficiaire, acteur, sujet, agent, client, consommateur. Premièrement, au-delà des choix lexicaux, nous croyons que chaque définition est à la fois à exploiter et à décliner dans des contextes spécifiques. Pour cela, des apports trans- et interdisciplinaires sont nécessaires, notamment toute contribution relevant des disciplines ayant une tradition scientifique dans l’étude des usages, de la réception et de l’interprétation comme le design, l’ergonomie, la sémiotique, l’anthropologie, l’ethnographie, la sociologie, la phénoménologie. Ensuite, il s’agit d’étudier l’intégration de l’usager dans les processus de conception à partir de l’analyse à la fois des méthodologies et des outils servant cette intégration. Encore une fois, les apports croisés des disciplines évoquées ci-dessus permettront de conduire des études de cas (projets aboutis) ainsi que des études de terrain (projets en cours) afin de vérifier s’il y a bien, dans la conception en design, de véritables stratégies d’intégration de l’usager et, le cas échéant, de définir comment l’usager est effectivement intégré dans le processus de conception. Notre but est celui d’une réflexion à la fois critique et constructive visant à caractériser des méthodologies interdisciplinaires qui peuvent, en fonction de chaque domaine, donner lieu à une intégration effective de l’usager grâce à la prise en charge de plusieurs compétences.
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Axe 2 : Design, politiques publiques, territoires

L’administration, la gestion et la décision du devenir territorial des villes et des campagnes amène à mettre en synergie les acteurs au cœur de nouveaux processus relationnels visant l’innovation centrée-usager.  L’injonction de la participation au niveau des politiques publiques, la demande croissante de reconnaissance individuelle et personnalisée des citoyens et communautés sont des phénomènes qui engagent une conception nouvelle de l’action publique ainsi que des services publics. Les collectivités territoriales tout comme les entreprises consultent les bénéficiaires de leurs actions pour guider ou appuyer l’action des politiques publiques. Conscients de la nécessité d’une innovation centrée sur l’intégration de l’usager, les services publics conçus par les collectivités locales ou au sein des hôpitaux recourent au design pour avoir une meilleure vision des pratiques réelles d’action du bénéficiaire et de ses véritables besoins. Le phénomène est socialement en plein essor, comme en atteste la demande croissante dans les derniers projets du Master Design parcours « Design, Innovation, Société » via des partenaires comme le Conseil Départemental du Gard, l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille ou le Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nîmes (CHRU), sur des problématiques comme l’accueil de jour des personnes âgées, les démarches pour bénéficier du RSA, l’accueil des familles dans les hôpitaux, l’amélioration de la prise en charge des patients et la bientraitance dans les hôpitaux.

  • Design des services publics centrés-usager
  • Design durable des territoires
  • Design social et solidaire

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Design, bénéficiaires, services publics
Responsable scientifique : Michela Deni

Ce programme de recherche repose sur l’étude du design des services publics destinés à l’amélioration de la vie des bénéficiaires concernés par ces services. Le travail de l’équipe se concentre sur les services publics proposés par les Régions, Départements, les hôpitaux et, en général, les institutions publiques. La première piste à exploiter concerne la définition des bénéficiaires des services publics, qui ne sont pas forcément les usagers de ces mêmes services. Nous sommes régulièrement interpellés par des institutions en demande de nouvelles méthodes destinées à l’innovation. Les dynamiques sociales de ces dernières années ont démontré la nécessité de changer les paradigmes de conception des politiques ainsi que des services publics étant encore aujourd’hui basés sur des modèles de management datés se concentrant notamment sur le fonctionnement de l’institution et non pas sur les véritables nécessités des destinataires. En revanche, la démocratie participative, ainsi que toute initiative comportant la conception des services qui intègrent les bénéficiaires, se démontre efficace à plusieurs échelles, mettant en évidence la nécessité de recourir au design, dont la préoccupation historique a toujours été l’amélioration de la vie des usagers.

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Design, communautés, pratiques de l’habitat
Responsable scientifique : Thomas Watkin

Ce programme de recherche porte sur les dynamiques liées à l’habitat, en tant que structuration de l’espace par des modes d’appropriations et d’investissements individuels et collectifs (territorialisation, réseaux, marquages, limites) et aux modes actuels de l’habiter au centre des phénomènes sociaux et urbains contemporains. Le terme de communauté envisagé dans cette recherche porte autant sur les liens de cohésion entre habitants et résidents que ceux établis entres les acteurs, notamment professionnels, qui participent à la mise en place, au développement ou à la gestion de ces formes d’habitats. Plus spécifiquement, ce programme s’intéresse à analyser les dispositifs d’habitat pouvant générer du lien social par des formes de solidarité et d’engagement, et à agir sur les comportements ou manières de faire dans une perspective de responsabilité et de durabilité. Dans une démarche de recherche-projet en design, cette recherche souhaite apporter aux acteurs concernés des éclairages comparatifs sur les expériences observées. Un dialogue avec les collectivités, services publics ou acteurs de l’intérêt public et d’utilité publique sera privilégié. Il incitera notamment la mise en synergie d’acteurs publics, privés ou associatifs impliqués au plus près du développement et de la gestion du logement : ANIL (Agence Nationale pour l’Information sur le Logement), bailleurs sociaux locaux, USH (Union Sociale pour l’Habitat). Un accent sera plus spécifiquement mis sur les projets d’habitat participatif qui ont au lieu en région et dans le département du Gard. L’analyse envisagée de ces modes d’habitat et de leurs pratiques s’intéresse à des contextes culturels divers (Europe, Amérique du Nord, Bassin méditerranéen, Asie) dans une démarche comparative et anthropologique et plus spécifiquement aux phénomènes actuels vécus dans les pays développés tels que l’isolement et les inégalités.
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Design, care et vie médico-sociale
Responsable scientifique : Marine Royer

Le programme de recherche « Design, care et innovation sociale » repose sur une approche ethnographique et propose une lecture sociale et politique de ce qui fonde le rapport des individus et des groupes à la santé. Il a pour objectif d’analyser les problématiques sociales et sanitaires de personnes en situation de fragilité (malades, personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.) à l’aide de recherches-projet en design en accompagnant les acteurs dans la conception d’expériences de soin dignes et innovantes. Ce programme est positionné autour de cinq terrains de recherche et d’expérimentation : l’information, les espaces de soin, les interfaces de soin, les parcours utilisateurs et la qualité relationnelle. Croisant les questions médicales et médico-sociales, il défend une démarche d’innovation par le design en santé. Les recherches seront menées en grande partie dans le cadre de projets réalisés en collaboration avec des institutions de soins et des réseaux de santé (Centre Léon Bérard, Institut Gustave Roussy, CHU de Nîmes et de Strasbourg, Fédération de réseaux de santé en Midi-Pyrénées), également avec des agences de design spécialisées dans les problématiques médico-sociales et/ou d’innovation sociale (Care & co, User Studio, 27e Région). En s’intéressant à la politique de l’éthique du care, défini comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre “monde”, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible » (Tronto, 2009), ce programme tente d’analyser les interactions entre la notion de care et les pratiques du design social. En effet, même si sa portée théorique et politique a longtemps été négligée, le care est aujourd’hui considéré par les auteurs des Post-ANT (Post-Actor Network Theory) comme « l’organisation de notre monde » (Tronto, 1990). Apparaît ici une tension commune à la notion de care et au design dont les approches sont toutes deux simultanément un moyen et une fin. Une chose est en effet de plaider pour la reconnaissance des gestes de soin, de soutien, d’accompagnement, etc., une autre est de se donner « la qualité de vie » comme objectif. Si le care peut apparaître comme un concept politique utile, susceptible de nous aider à repenser la coopération démocratique d’êtres qui sont tous fondamentalement vulnérables, le design est mobilisé dans ce programme comme un appareil expressif capable de mettre au jour par des projets, ces systèmes de relations, de savoirs, de controverses ainsi que l’étude précise des pratiques du « prendre soin ». Dans ce contexte, le programme « Design, care et innovation sociale » vise à développer une recherche-projet devant permettre de :

  • faire l’étude et l’analyse des usages réels et souhaités des différents acteurs (volet empirique de la recherche fondé sur des enquêtes de terrain) ;
  • favoriser la co-création des agents de santé et des usagers afin d’améliorer la prise en soin des patients et de leurs proches avec des outils issus des sciences humaines et du design (volet méthodologique de la recherche fondé sur les méthodes de co-conception) ;
  • concevoir, développer et expérimenter de nouveaux services de prises en soins (volet pragmatique de la recherche fondé sur des projets de design) ;
  • développer de nouveaux modèles conceptuels et économiques pour le secteur médico-social (volet théorique de la recherche fondé sur la création d’idées nouvelles).

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Axe 3 : Design, cultures et médias numériques

projekt-006La convergence entre les logiques de l’innovation sociale et des technologies numériques constitue une dynamique essentielle de l’action collective du futur. À l’heure de la « démocratie Internet » (Cardon, 2010), du « pouvoir latéral » (Rifkin, 2011) et de « l’âge de la multitude » (Colin et Verdier, 2012), l’innovation sociale et numérique (digital social innovation) constitue un facteur clé dans l’émergence d’une société ouverte, participative et solidaire. Elle peut être définie comme « un type d’innovation collaborative dans laquelle les innovateurs, les usagers et les communautés collaborent à l’aide des technologies numériques dans le but de co-créer des connaissances et des solutions répondant à un large éventail de besoins sociaux et à une échelle qui était inimaginable avant l’apparition de l’Internet » (projet européen DSI, 2014). Grâce à la rencontre entre communautés en ligne, plateformes mobiles et activités hors ligne, de nouvelles manières de produire de l’innovation sociale apparaissent, dans des domaines aussi variés que l’emploi, le travail, la santé, la ville, l’environnement, la culture, l’éducation, la connaissance, la recherche, etc. Les technologies numériques permettent alors (i) soit d’améliorer la performance et l’efficacité des innovations sociales existantes, (ii) soit de rendre possible de nouveaux types d’innovations sociales ascendantes et collaboratives, (iii) soit de les porter à des échelles impossibles à atteindre autrement, (iv) soit de bouleverser les modèles organisationnels en place (TEPSIE, 2014). Ce nouveau champ de pratiques regroupe déjà plusieurs milliers d’initiatives dans le monde et couvre de nombreux domaines d’innovation numérique tells que le Web collaboratif et les réseaux socionumériques, les espaces de travail partagés (coworking), les lieux de fabrication numérique (fablabs), le financement participatif (crowdfunding), l’économie du partage (sharing economy), le développement du logiciel libre (open source), l’ouverture des données (open data), le libre accès (open access), l’impression 3D, les drones, les robots humanoïdies, les volumes massifs de données (Big Data), les progrès de l’intelligence artificielle (IA), les technologies de la blockchain, etc. Dans cette perspective, le numérique ne sera jamais considéré ici comme une simple panoplie d’instruments, mais comme une culture et un milieu (Vial, 2013 ; Bachimont, 2016). Les travaux menés au sein de l’axe « Design, cultures et médias numériques » pourront concerner une variété d’orientations de recherche incluant l’étude des rapports entre design et interfaces numériques (design et expérience utilisateur, design et processus communicationnels, design et écologie informationnelle, design et données personnelles, design et santé connectée, design et ville intelligente, etc.), design et littératie numérique (médiation numérique, transformation digitale des organisations et du travail, design d’information, etc.), design et humanités numériques (design et production numérique de la connaissance, design et pédagogie numérique, design et édition numérique innovante) ou encore design et médiations numériques (médiation culturelle, médiation pédagogique, médiation journalistique, etc.), design et data (design de données, Big Data, visualisation de données, data-storytelling, etc.).

  • La recherche-projet en design numérique
  • Pour une éthique créative des technologies

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Design numérique, littératie et édition
Responsable scientifique : Stéphane Vial

Le programme de recherche « Design numérique, littératie et édition » s’inscrit dans la dynamique de recherche émergente constituée par la convergence entre design et humanités numériques (Vial, 2016), que nous appelons « Design & Digital Humanities » (2DH). En s’intéressant à la fabrique numériquement appareillée du savoir, incluant sa production (la recherche), sa transmission (l’enseignement) et sa diffusion (la publication), cette dynamique vise à connaître, transformer et améliorer la nature et les formes des différents régimes de l’expérience savante, qui sont pour nous de quatre types. Le programme « Design numérique, littératie et édition » s’intéresse au régime 1 « lire, écrire, éditer » (Vial, 2016) et, corrélativement, à l’ensemble de la chaîne éditoriale telle qu’est est bouleversée par les technologies numériques. Il s’agit d’appréhender sans les séparer les trois usages fondamentaux de la chaîne du livre (écrire, éditer, lire) dans une perspective systémique et intégrative qui s’inspire du modèle des innovations globales ou innovations « pleine pile » (full stack innovation). En effet, le secteur de l’édition traverse aujourd’hui une crise majeure, qui est à la fois une crise théorique (crise des concepts de livre, d’édition, de publication) et une crise économique (crise des modèles d’affaires du secteur). Dans ce contexte, le programme « Design numérique, littératie et édition » vise à développer une recherche-projet ambitieuse qui doit permettre à la fois de :

  • concevoir, développer et expérimenter de nouvelles pratiques éditoriales ;
  • développer une expertise sur les usages d’écriture, lecture, édition en contexte numérique ;
  • développer de nouveaux modèles conceptuels et économiques pour le secteur de l’édition.

En lien avec et grâce au soutien de l’association ECRiDiL « Écrire, éditer, lire à l’ère numérique », le programme développe principalement deux activités :

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Design et santé connectée
Responsable scientifique : Marie-Julie Catoir-Brisson

Le programme de recherche « Design et santé connectée » se donne pour objectifs :

  • d’étudier les usages des objets connectés et applications spécialisés dans le champ de la santé et du bien-être ;
  • de contribuer par la recherche-projet en design au développement de dispositifs numériques qui intègrent une dimension éthique et sociale dès leur conception.