L’axe 2 « Design, politiques publiques, territoires » est un axe de recherche qui articule le design des services publics centrés-usager, le design durable des territoires et le design social et solidaire. Il regroupe trois programmes de recherche :

  • Design, bénéficiaires, services publics
  • Design, communautés, pratiques de l’habitat
  • Design, care et vie médico­sociale

Design, bénéficiaires, services publics

Chercheuse responsable : Michela Deni

Ce programme de recherche repose sur l’étude du design des services publics destinés à l’amélioration de la vie des bénéficiaires concernés par ces services. Le travail de l’équipe se concentre sur les services publics proposés par les Régions, Départements, les hôpitaux et, en général, les institutions publiques. La première piste à exploiter concerne la définition des bénéficiaires des services publics, qui ne sont pas forcément les usagers de ces mêmes services. Nous sommes régulièrement interpellés par des institutions en demande de nouvelles méthodes destinées à l’innovation. Les dynamiques sociales de ces dernières années ont démontré la nécessité de changer les paradigmes de conception des politiques ainsi que des services publics étant encore aujourd’hui basés sur des modèles de management datés se concentrant notamment sur le fonctionnement de l’institution et non pas sur les véritables nécessités des destinataires. En revanche, la démocratie participative, ainsi que toute initiative comportant la conception des services qui intègrent les bénéficiaires, se démontre efficace à plusieurs échelles, mettant en évidence la nécessité de recourir au design, dont la préoccupation historique a toujours été l’amélioration de la vie des usagers.


Design, communautés, pratiques de l’habitat

Chercheur responsable : Thomas Watkin

Ce programme de recherche porte sur les dynamiques liées à l’habitat, en tant que structuration de l’espace par des modes d’appropriations et d’investissements individuels et collectifs (territorialisation, réseaux, marquages, limites) et aux modes actuels de l’habiter au centre des phénomènes sociaux et urbains contemporains. Le terme de communauté envisagé dans cette recherche porte autant sur les liens de cohésion entre habitants et résidents que ceux établis entres les acteurs, notamment professionnels, qui participent à la mise en place, au développement ou à la gestion de ces formes d’habitats. Plus spécifiquement, ce programme s’intéresse à analyser les dispositifs d’habitat pouvant générer du lien social par des formes de solidarité et d’engagement, et à agir sur les comportements ou manières de faire dans une perspective de responsabilité et de durabilité. Dans une démarche de recherche-projet en design, cette recherche souhaite apporter aux acteurs concernés des éclairages comparatifs sur les expériences observées. Un dialogue avec les collectivités, services publics ou acteurs de l’intérêt public et d’utilité publique sera privilégié. Il incitera notamment la mise en synergie d’acteurs publics, privés ou associatifs impliqués au plus près du développement et de la gestion du logement : ANIL (Agence Nationale pour l’Information sur le Logement), bailleurs sociaux locaux, USH (Union Sociale pour l’Habitat). Un accent sera plus spécifiquement mis sur les projets d’habitat participatif qui ont au lieu en région et dans le département du Gard. L’analyse envisagée de ces modes d’habitat et de leurs pratiques s’intéresse à des contextes culturels divers (Europe, Amérique du Nord, Bassin méditerranéen, Asie) dans une démarche comparative et anthropologique et plus spécifiquement aux phénomènes actuels vécus dans les pays développés tels que l’isolement et les inégalités.


Design, care et vie médico-sociale

Chercheuse responsable : Marine Royer

Ce programme de recherche repose sur une approche ethnographique et propose une lecture sociale et politique de ce qui fonde le rapport des individus et des groupes à la santé. Il a pour objectif d’analyser les problématiques sociales et sanitaires de personnes en situation de fragilité (malades, personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.) à l’aide de recherches-projet en design en accompagnant les acteurs dans la conception d’expériences de soin dignes et innovantes. Ce programme est positionné autour de cinq terrains de recherche et d’expérimentation : l’information, les espaces de soin, les interfaces de soin, les parcours utilisateurs et la qualité relationnelle. Croisant les questions médicales et médico-sociales, il défend une démarche d’innovation par le design en santé. Les recherches seront menées en grande partie dans le cadre de projets réalisés en collaboration avec des institutions de soins et des réseaux de santé (Centre Léon Bérard, Institut Gustave Roussy, CHU de Nîmes et de Strasbourg, Fédération de réseaux de santé en Midi-Pyrénées), mais aussi avec des agences de design spécialisées dans les problématiques médico-sociales et/ou d’innovation sociale (Care & co, User Studio, 27e Région). En s’intéressant à la politique de l’éthique du Care, défini comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre “monde”, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible » (Tronto, 2009), ce programme tente d’analyser les interactions entre la notion de care et les pratiques du design social. En effet, même si sa portée théorique et politique a longtemps été négligée, le care est aujourd’hui considéré par les auteurs des Post-ANT (Post-Actor Network Theory) comme « l’organisation de notre monde » (Tronto, 1990). Apparaît ici une tension commune à la notion de care et au design dont les approches sont toutes deux simultanément un moyen et une fin. Une chose est en effet de plaider pour la reconnaissance des gestes de soin, de soutien, d’accompagnement, etc., une autre est de se donner « la qualité de vie » comme objectif. Si le care peut apparaître comme un concept politique utile, susceptible de nous aider à repenser la coopération démocratique d’êtres qui sont tous fondamentalement vulnérables, le design est mobilisé dans ce programme comme un appareil expressif capable de mettre au jour par des projets, ces systèmes de relations, de savoirs, de controverses ainsi que l’étude précise des pratiques du « prendre soin ». Les objectifs visés sont les suivants :

  • faire l’étude et l’analyse des usages réels et souhaités des différents acteurs (volet empirique de la recherche fondé sur des enquêtes de terrain) ;
  • favoriser la co-création des agents de santé et des usagers afin d’améliorer la prise en soin des patients et de leurs proches avec des outils issus des sciences humaines et du design (volet méthodologique de la recherche fondé sur les méthodes de co-conception) ;
  • concevoir, développer et expérimenter de nouveaux services de prises en soins (volet pragmatique de la recherche fondé sur des projets de design) ;
  • développer de nouveaux modèles conceptuels et économiques pour le secteur médico-social (volet théorique de la recherche fondé sur la création d’idées nouvelles).